Le grand commandement

 

30e dimanche du Temps ordinaire
Année A
– 26 octobre 2008


Lectures bibliques
Ex 22, 20-26; Ps 17(18), 3-4, 47;
1 Th 1, 5c-10; Mt 22, 34-40


Interpréter

Évangile

Toujours dans la zone du temple, après son entrée à Jérusalem, les prêtres, les pharisiens et les anciens continuent avec insistance à attaquer Jésus. Malgré les réponses de Jésus, ces attaques aboutiront à son arrestation et à sa condamnation à mort.
Cette fois-ci, c’est un « docteur de la Loi », pour ainsi dire, un « collègue » du Maître de Jésus qui le met à l’épreuve. La question est immédiatement spécieuse et malveillante.

Tout bon israélite connaît le plus grand commandement qu’il récite trois fois par jour : « Écoute Israël… tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme et de tout ton esprit » (Dt 6, 5). Les écoles rabbiniques étaient toutefois parvenues à détailler la Loi en 673 préceptes.

La question du « docteur » est donc une sollicitation à entamer une discussion sur l’interprétation de la Loi. Jésus n’a pas l’intention de réduire le rapport avec Dieu à des discussions académiques infinies ou, comme nous le dirions aujourd’hui, de salon. Au contraire, il saisit l’occasion pour annoncer une nouveauté en unissant et en homologuant le texte du Deutéronome à la prescription du Lévitique : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (19, 18).
Affirmer que les deux commandements sont semblables signifie qu’ils exigent la même observance. Nous ne pouvons pas prétendre aimer Dieu si nous n’aimons pas le prochain (cf. 1 Jn 3, 23).

Première lecture et psaume

Ce passage du livre de l’Exode est tiré d’une liste de normes qui constituent le « code de l’Alliance » (Ex 20, 22-23). Il est, pour ainsi dire, la « constitution » du peuple de Dieu au cœur de laquelle il y a la piété, la miséricorde, le partage, qualités sans lesquelles il est impossible de faire partie de ce peuple.

La raison de ces normes est significative : «…parce que vous étiez vous-mêmes des immigrés en Égypte ». Celui qui a connu l’oppression ne doit pas devenir oppresseur. Celui qui a connu la faim ne doit pas rester insensible devant celui qui a faim. Si Dieu se présente comme celui qui a pitié de l’étranger et du plus faible, maltraiter ces personnes devient un blasphème contre Dieu lui-même.

La mission de faire expérimenter aux autres la libération et le salut de Dieu est confiée au peuple de Dieu d’hier, d’aujourd’hui et de toujours. Le psaume veut manifester cette compassion envers le prochain qui s’enracine dans l’amour authentique de Dieu : « Je t’aime, Seigneur, ma force ».

Deuxième lecture

Malgré les difficultés causées par certains Juifs, la communauté chrétienne de Thessalonique a tenacement consolidé sa foi « de sorte qu’elle est devenue un modèle pour tous les croyants de Macédoine et de toute la Grèce ».
Saint Paul se sent saintement fier d’avoir été un modèle de fidélité pour eux en cherchant à imiter le style de vie de Jésus et son courage à toujours proclamer la vérité, même au prix de sa vie.
Se convertir à Jésus ne signifie pas simplement changer de religion, comme on change les divinités païennes. Cela signifie assumer le comportement de Jésus.

Annoncer

Dès qu’une partie de notre corps souffre, nous nous préoccupons immédiatement de résoudre le problème.
« Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». Le commandement du Seigneur nous dit que l’autre doit être aimé comme une partie de notre corps. Cela nous fait sentir que nous sommes tous pécheurs.

Enseigner

Il n’y a pas deux amours : un pour Dieu et un pour le prochain. Il n’y a qu’un seul amour qui arrive à Dieu en passant par le prochain.
Celui qui dit connaître et aimer Dieu et qui « n’observe pas ses commandements est un menteur » (1 Jn 1, 4). En dernière analyse, les commandements de Dieu se résument fondamentalement en un seul.

Exhorter

« Amour », « aimer », voilà deux termes abîmés, usés et abusés, et cela même dans la « prédication » dans l’église. Ils risquent de devenir de vides paroles de soirée.
L’amour authentique ne supporte pas les bavardages; nous l’annonçons par des actions.

Introduire au mystère

Avec le rite de la paix, « les fidèles implorent la paix et l’unité pour l’Église et toute la famille humaine et s’expriment leur amour mutuel avant de participer au pain unique » (PGMR 56).
Pour participer dignement aux saints mystères, il ne suffit pas de reconnaître la présence du Christ dans les signes du pain et du vin; il faut la reconnaître aussi dans nos frères et sœurs que le Seigneur a placés à nos côtés.

S. Sirboni